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Hunderwasser l'artiste, le penseur, l'écologiste et médecin de l'architecture. Hunderwasser le magnifique ! Un modèle à suivre dès maintenant et pour les générations futures.


Après vous avoir bombardé de quelques sujets difficiles. Je souhaite vous partager un personnage qui, bien que décédé en 2000, est encore bien vivant pour moi et est une véritable source d'inspiration, de liberté et d'harmonie avec la nature: Hunderwasser

"Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs personnes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité !" Hunderwasser

Friedrich Stowasser (alias Hunderwasser), est fils unique issu d'une famille pauvre. Son père meurt en 1928, il est donc élevé par sa mère. Ses premiers dessins datent de 1934 et sont déjà prometteurs mais préférant à l'éducation artistique, l'apprentissage d'un métier, elle oriente le jeune garçon vers des études classiques que la seconde guerre mondiale interrompt. A 11 ans lors de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, Hundertwasser, pour échapper aux lois raciales discriminatoires (il est juif), entre aux jeunesses hitlériennes.

Ses domaines de recherches sont nombreux et variés : affiches d'exposition, affiches des jeux- olympiques, projets pour des timbres, pour des drapeaux… En temps qu'architecte, son travail est en quelque sorte une application directe de ses toiles dans la réalité, on retrouve dans ses constructions les plus importants de ses principes: dominance de la nature, l'importance de la couleur, le refus de la conformité, de l'uniformité. Écologiste avant-gardiste, il fustige très tôt l’art de se complaire dans les eaux glacées du calcul égoïste où les artistes satisfont bien plus l’esthétisme géométrique et étriqué des élites que les aspirations chaleureuses des hommes à l’écoute d’eux-mêmes.

Partisan farouche d’un esprit libérateur de la création et de la réappropriation de l’espace urbain en particulier, il développe le droit à la fenêtre, qui défend la liberté dans les habitats collectifs à peindre en dehors de sa fenêtre selon le bon vouloir de son habitant à tout ce qui est à porté de bras. Il est ennemi farouche de la ligne droite, une aberration de la rationalité qu’on ne retrouve pas dans la nature, celle-ci étant bien plus organisée selon les courbes dans toute leur diversité.

Autre trait marquant de ce personnage haut en couleurs, son engagement écologique. Véritable pionnier aux pieds nus, il créé des arbres locataires qui poussent les racines dans le compost fait-maison et la tête penchée par la fenêtre. Véritable avant-gardiste des thèses écologistes, il réfléchit très tôt à l’impacte écologique de la vie urbaine, sur le traitement des déchets.

Probablement un de ces chefs d’oeuvre, la Hundetwasserhaus, est un logement HLM réalisé par Hundertwasser à Vienne en 1986. Des centaines d’arbres et de plantes traversent les fenêtres et coiffent l’inhabituelle habitation. Les fenêtres hétéroclytes, les sols ondulés, les colonnes bigarrées en font un lieu de vie exceptionnel. Ce bâtiment, le plus visité de Vienne est un véritable bijou architectural. Véritable pied de nez à la rationalité économique, il convient de dire que ce logement social a certes couté deux fois plus qu’un immeuble classique, mais que le bénéfice en terme de mieux vivre, de retombées touristiques, de valorisation de la ville de Vienne est à mon humble avis bien supérieur à ce cout initial.

Avec Hundertwasser, on en vient à oser s’approprier tout son lieu de vie. Je me suis surpris, au départ timidement en considérant l’idée, puis carrément prendre mes crayons et pinceaux pour peindre les murs autour de moi. Il y a une barrière psychologique à dépasser. Celle de l’enfance où il était interdit de toucher aux murs et d’y dessiner. Mais lorsque la peinture et la craie se posent sur la toile blanche du mur, c’est un moment bizarre, comme un retour à l’appropriation des parois de leur grotte-maison par nos ancêtres qui dessinaient leur quotidien de chasse, de luttes, de dieux et de songes.

Comme pour tout pas de côté, au début on est hésitant, on a presque envie de regarder au dessus de son épaule pour savoir s’il n’y a pas un regard désapprobateur. Même si c’est moche, on est déjà content de l’avoir fait. Une fois ce cap passé on a envie de couvrir les murs de chez soi, de prendre son droit à la fenêtre, de recouvrir les murs de ce que l’on ressent, recouvrir les rues de stencils. Plus encore, on a surtout envie de trouver sa façon d’exprimer autour de soi ce que l’on ressent pas la création. La véritable perversion de notre temps c’est de détourner cet état d’esprit naturel par la consommation. Penser son environnement domestique dans le cadre de ce qu’offre le catalogue Ikea. Toute la cabriole du marketing consistant ensuite à vendre l’idée qu’un produit industriel correspond à la personnalité et l’aspiration unique de son consommateur. Drôle de mariage entre culture de masse et individualisme, où le cadre de l’existence se battit dans le cadre des objets de consommations proposés. Cause ou conséquence, on ne sera donc pas étonné par la pauvreté idéologique et de l’imaginaire de la société actuelle. Les rêves de la civilisation libérale sont d’une pauvreté abyssale et la désertion du politique en est un des tristes symptômes.

Citations d’ Hunderwasser :

" Il y a un enfer vert, un enfer rouge, un enfer noir, un enfer gris. En ville, il est gris. Il est étrange que les architectes construisent de plus en plus gris… La diversité des couleurs apporte l'amélioration, le paradis. "

" Dans notre architecture, la monoculture domine et la monoculture est toujours mauvaise.(…) Quand on a un bâtiment qui est peint d'une seule couleur et comporte un endroit défectueux (…) on le répare; mais on ne répare pas le trou, on repeint tout le bâtiment, pour un minuscule endroit abîmé,(…) on n'est pas heureux quand il y a une divergence par rapport à la monoculture, à la régularité du bâtiment, une différence qui gêne(…) Je serais très heureux, je la ferais ressortir et la réparerais avec une autre couleur. On devrait être content du dommage subi car c'est un don de la nature. Il enrichit la chose, ne l'appauvrit pas… "

" La ligne droite est un danger créé par l'homme car elle est étrangère à la nature de l'homme, de la vie, de toute création … "

De cette idée d'une architecture plus humaine en harmonie avec la nature découle son intérêt pour les ethnies primitives, l’Australie, La Nouvelle-Zélande où il s’établit dès 1976, et le pousse à s’impliquer dans l’écologie. Dans son manifeste "Verwaldung der Städte", en 1970, il énonce pour la première fois:

"C'est votre devoir de donner toute l'aide possible pour accroître la végétation. L'horizontale appartient à la nature, la verticale à l'homme."

Hundertwasser le nudiste aura mis en pratique l’écologie jusqu’au bout de sa vie, jusqu’à sa mort, où plus exactement sa réincarnation.

Je suis impatient

De devenir humus moi même

Enterré nu sans cercueil

Sous un hêtre planté par moi

Sur ma terre de Ao Tea Roa

La mise en terre devra se faire sans cercueil,

Enveloppé dans un suaire, dans une couche de terre

D’au moins 60 centimètres d’épaisseur.

Un arbre devra être planté sur la tombe

Afin de garantir que le défunt vivra

Symboliquement et réellement.

Un personne décédée est sujette à la réincarnation sous la forme

Par exemple d’un arbre qui pousse sur

Lui et à travers lui. Le résultat serait

Une forêt sacrée de morts-vivants.

source:

http://jardinons.wordpress.com/2009/01/18/hundertwasser/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Friedensreich_Hundertwasser

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Mots-clés : architecture, biotecture, écologie

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Commentaire de sylvie st-pierre le 21 mars 2011 à 16h51

Merci Alain d'avoir mis un morceau de plus à ma connaissance de ce grand artiste dont je connaissais les peintures, puis j'ai connu l'architecture et voilà le côté écologiste. Je reste aussi avec une belle image de sa mort imaginé comme un don et un mariage avec la nature. Je ne m'attendais pas à trouver ce genre d'information sur plogg, je suis donc agréablement surprise. Tu seras sûrement de ceux qui fréquenteront le FIFA?

Sylvie

Commentaire de Alain Nadeau le 23 janvier 2011 à 16h17
Merde, je devrais me relire avant de poster mes erreurs d'orthographe !
Commentaire de Alain Nadeau le 23 janvier 2011 à 16h16
Paradoxalement, notre désir d'indépendance (rêve américain, petit maison, petite auto...) n'a rien de plus conformiste. Le nec plus ultra, c'est de vivre en ville comme à la campagne et trouver la nature à moins de 15 minute de la ville. La plus grande erreur de notre société, c'est de faire de l'étalage urbain, ce qui détruit la biodiversité et nous prive de notre lien avec la nature, notre nature intuitive et animale. Il faut stopper l'étalage urbain et recréer le sens sociale dans nos communauté. L'individualisme rime avec consumérisme et l'absence de sens social. Je le répète encore et encore, le sens est dans le social !!
Commentaire de Marie-Anne le 14 décembre 2010 à 11h31

J'adore. Nous vivons dans un monde tellement conformiste et l'on se contente de suivre des modèles pré-établis par peur des jugements... Cet homme est une source d'inspiration selon moi :)

Merci pour ce partage Alain!! J'ai déjà de la couleur dans mon intérieur personnel, j'ai hâte de pouvoir en mettre plus à l'intérieur de ma maison :) Histoire que l'été reste présent à l'année longue!!!

Commentaire de Alain Nadeau le 16 juillet 2010 à 21h26

Commentaire de Alain Nadeau le 16 juillet 2010 à 21h15

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